Voilà déjà 5 ans jour pour jour que j'ai fait mon 1er 100 bornes, j'ai bien envie de remettre çà, çà me démenge... 30 Avril 2000 c'était les 100 km de Belvès...
elvès 2000
1986... j'avais 16 ans, je découvre la course à pied... déjà mon objectif courir longtemps et loin...
Belvès, une course gigantesque ! Dans ma tête d'ados...une course de fous pour certains. Jen parle un petit peu à des "coureurs d'expériences" ils me disent de toutes façons t'es trop jeune et puis ne commence pas des courses comme cela avant 30 ans !
TRENTE ANS !!! À l'époque 30 ans çà me semblais une éternité...14 ans d'attente...
Et voilà 14ans plus tard un 30 Avril 2000, j'ai trente ans et je suis au départ des 100 km de Belvès, support cette année là de la coupe d'Europe. Derrière la barrière séparant le groupe des délégations internationales, j'attendais l'heure de départ 8h00. Mes jambes étaient impatientes de partir, les accompagnateurs sont déjà partis, mon accompagnateur, c'est mon père qui m'attendra du côté de Siorac vers le km 7.Sur le lieu de départ, une minute de silence a été observée en la mémoire de Dominique Viale (entraîneur national de fond Français) décédé quelques jours plus tôt.
C'est 8h00, BANG ! Et voilà le départ, je décide de partir en suivant les conseils des spécialistes, le plus doucement possible soit a environ 10 km/h pour ma part. La plupart dévalent la descente de Belvès comme des flèches. On a vite fait de retrouver le premier ravitaillement au km 3.5, on se bouscule et beaucoup n'en prennent pas, je prends quand même le ravito, on m'a dit surtout prends les tous ! Même si tu sents que tu n'en a pas besoin. On s'éloigne de Fongaulffier et on se rapproche de Siorac : là les accompagnateurs nous attendent. J'ai déjà envie de changer l'eau de mon aquarium ! Jai trop bu il faut que je m'arrête, quoi que je suis pas tout seul ! Çà va je suis bien hydraté, le pipi est très clair. Ah ! Çà y est les accompagnateurs sont là sur le bas côté, il y a du monde comme cyclistes ! On croirait une course de vélos. Coucou papa j'suis là ! Pour l'instant on ne peut pas dire qu'il y a du dénivelé, ce sera le plat pays jusqu'au km 30. On peut dire que je me promène ! J'ai l'impression de perdre mon temps, fait pas le con reste sur tes 10 km/h Alain ! C'est dur de retenir son pas quand le corps demande de prendre le cran du dessus.

C'était le matin à la fraîche...
Les kilomètres défilent vite, le 10ème km se passe en 5736 soit 10,4 km/h.
Le ravito n°3 est déjà là au km 11,5 à Mouzens, on mange, on marche, on prend le temps, on évite de stresser et on repart.
Ravito n°4 au km 16,5 à St Cyprien, passage au km 20 en 1h57, je vais un peu plus vite que mon objectif de départ, mais si on rajoute les pauses aux ravitos çà fait du 10 km/h.
Ravito n°5 à Bezenac au km 20,5, pour linstant « tout roule sur des roulettes », km 26 cest déjà le ravito à Beynac, bravo les organisateurs, il y a même des WC sur le parcours, génial !
Jai limpression de faire un véritable festin avec toutes ses sucreries. Je croise un bavard, et par hasard cest la même pipelette que jai rencontré au marathon de Chambord 4 semaines plus tôt ; il mencourage, il doit être autour des 10 km/h, et il narête pas de me venter à ces potes en disant : « Il compte mettre 10h ! », je répond que lon verra çà à larrivée, une course nest jamais acquise, surtout sur un 100 bornes il y a toujours une surprise et je continue sur mes 10 km/h.
Ravito 7 à la Roque Gageac au km 30, que je passe en 2h57, pour linstant tout est encore OK, la machine ne pêne toujours pas. Le circuit commence à faire la bosse, on attaque un petit dénivelé + de 25m sur 1 km environ, bagatelle pour quelquun qui aime les côtes, mais il vaut mieux monter cool et se faire les petites grimpettes en marchant, il faut séconomiser : cest la règle dor du 100 bornes.
Ravito 8 à Vitrac au km 35, là où les marathoniens craignent le fameux mur du marathon, il faut se sentir clean, juste chaud.
Ravito 9 à Montfort, cest vrai que la vallée est belle, on peu faire du tourisme en courrant, quelle aubaine ! Quelle belle vue sur le château ! Jen ai presque oublié que je courrais, Hep là toi ! Ton ravitaillement tu la pris ! Cà aussi jai faillis loublier.
Cest bien les ravitos, mais lenvie de pisser me reprend, il faut que jaille arroser un noyer.
Km 40 en 3h58, au moment où je regarde mon chrono, jentends derrière moi une voix : « cest bon Alain tes dans les temps » je me retourne, tiens cest Yvon mon collègue qui vient me suivre en vélo ! Je ne mi attendais pas ! Me voilà avec 2 accompagnateurs !
Il commence à faire chaud ! Jenlève mon petit sweet que jai mis sous mon maillot.
Ravito 10 à Carsac au km 41 et début dune belle piste cyclable. Je sais pas si je memballe, pourtant il me semble pas, mais quest ce que jen dépasse des coureurs ! Cest vrai que lon approche du km 50 et les coureurs qui font que les 50 km sont apparemment nombreux autour de moi. Les coureurs de 50 km, soient ils ne leurs tarde pas darriver pour avoir le temps dadmirer le paysages ou alors ils sont cuits. Bon assez plaisanter ! Je crois que la piste cyclable est tellement sympas et que je me sens tellement bien que je ne me suis pas rendu compte que jétais sur 12 km / h, Je ralentis.
Km 45 on arrive à Sarlat et cest la fin de la piste, un autre ravito que je prends comme dhabitude, un bon verre deau, un pruneau,, à tiens un pain dépices et des bouts de banane. On relâche, on marche 100m et on repart. Il reste jusquau km 50 du faux plat descendant, un peu trompeur.
Arrivé au km 50, jai limpression que tout le monde sarrête là ! Personne continue ? Ils sont où les 100 être ? Je passe en 5h00. Pour linstant ma machine est bien programmée. Ah Sarlat ! Et ses petites rues, ses petits magasins, çà doit - être sympas de flâner par ici, mais bon pas aujourdhui ! Jai encore de la route, jen suis quà la moitié.
Ravito 13 au km 55 juste à la sortie de Sarlat au pied du château Griffoul, il faut que je me mette de la vaseline sur mes mamelons qui commencent à chauffer dû au frottement de mon maillot. Il fait chaud, je prends ma casquette sahara. Cest fou comme il fait chaud pour un 30 Avril ! Cest vrai quil est déjà 13h30 !
Ravito 14 au km 59, juste après une côte, on reboit, on séponge, on continue à grailler, on marche un peu, on se détend et on repart. Je passe le km 60 en 6h04, à tiens je suis en dessous de mes 10km/h. Je dois trop manger ! Jai encore envie de plaisanter donc jai encore le gnac, cest pas perdu encore Alain pour tes 10 h ! Allez !
Dans la descente, je reconnais un maillot blanc rayé de vert, les couleurs de mon ancien Club : le Stade Villeneuvois que jai quitté pour raison professionnelle. Eh cest Jean-Marie ! Ques-ce que tu fais là ! « Salut Alain, je suis venu là en promenade. Tu tes mis aux 100 bornes ?
Moi, je fais les 100 km sans bornes. Bon je te laisse : à tout à lheure ». Sacré Jean-Marie et dire quil tourne normalement autour des 9 h.
Ravito 15, km 64 à la Rogne Gageac comme dhab. on bouffe et on boit.
Ravito 16, km 67 à Castelnaud on rebouffe et on reboit.
Ravito 17, au km 70 à la Treille que je passe en 7h0732. Cest vrai que les jambes salourdissent, là ! la promenade est fini, il va falloir serrer les dents et sengueuler : la course commence ici.
Un rigolo, en vélo nous dépasse et me dit, courage, il y a un massage pas loin ! Oh ça me remonte un peu le moral, mais jai très vite pesté contre ce bonhomme en voyant les km défilés et pas de masseurs à lhorizon ! Bon sest où les masseurs !
Je finis par les trouver, ma jambe gauche a du mal à suivre ma jambe droite. Jessaye de ne pas trop la faire travailler, ce qui me déséquilibre un peu. Le massage ma requinqué du moins pour linstant ! Cest fou comme les coureurs sont dispersés, ils sont seuls dans leurs têtes, sur le parcours, pourtant on était nombreux au départ. Même avec des accompagnateurs, on est seul fasse à notre douleur à combattre.
Km 80, je passe en 8h1952, bien quil y avait quelques bosses, je peu dire que ce nest pas à cause delles que je suis à la ramasse. Je rejoins un coureur qui avait une drôle de façon de courir ? Il avait la tête baissée à regarder ses pieds. Comment fait-il pour savoir où il va ?
Il me dit : « Cest marrant la course à pieds, ion regarde ses pieds qui narrêtent pas de se dépasser et on oublie que lon a mal », Fais comme moi, tu verras cest plus facile !
Jessais quelque dizaines de mètres, mais jai vite repris ma façon de courir, jai limpression que je vais embrasser le bitume ! La fatigue peut-être ! Le drôle de coureur me laisse tomber en sagrippant sur le garde-corps dun petit pont en faisant une sale grimace, on lencourage à repartir, mais rien y fait. Ma jambe gauche était raide comme le bonhomme : il faut sengueuler. Les km semblent être plus long quau début, je me pose la question : les km sont vraiment justes ?
Ravito 21, au km 85 à St Cyprien, rien que de regarder ses sucreries sur les tables, jen ai envie de vomir. Je me force, je bois, je métire et on repart. Km 90 entre Mouzens et Suras, une idée dabandon me traverse la tête, je mengueule, on ne sarrête pas là : ce serait trop con ! Le km 90 se passe en 9h3803.
Cest quand même génial la sensation, on est très mal, mais à la fois on se sent agréablement bien dans sa peau. Ah ! 1 coureur me dépasse, çà faisait longtemps que je navais pas vu un coureur. Je ne peux pas le prendre : il va trop vite où du moins je suis trop cuit.
Km 97, dernier ravito avant larrivée : les sucreries : je ne peux même plus les regarder en peinture : allez des rillettes çà passe mieux, cest pas parce que cest nécessaire pour finir les 3 derniers km, mais çà soulage le moral.
A la voilà celle-là que jattendais depuis longtemps ! La descente du départ qui se retrouve en montée à larrivée et dun coup je me sens bien pourtant çà monte dur ! Le moral est là, jai plus mal, par contre, il y en a en qui est mal, je le croise, il marche, il a une sale gueule.
Jai su plus tard quil nà pas pu arriver et quil a fallu lemporter dans une civière : je ne sais pas si ma gueule est pareille : je nai de miroir.
Ah çà y est je vois la ligne ! Ma compagne est là et une ambiance du tonnerre à larrivée, je monte dans le chapiteau et je suis arrivé ! Ouais ! Hourra !
Une musique se met en route, on me fait signe de rester là ! On me remet une belle médaille à larrivée. Jai envie de pleurer, je suis très ému. Je finis en
11h0259 pour une place de 327ème /948 : mais surtout un rêve dados accomplis.

Un rêve d'ados accompli...
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