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Un coureur à pied doit courir avec des rêves dans sa tête et non avec de l'argent dans sa poche.

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Dimanche 25 avril 2010 7 25 /04 /Avr /2010 12:50

 

Belvès le 24 Avril 2010

 

Photo Belvès 2006, la soupe d'arrivée

un moment convivial même si l'on tire une sale tronche à l'arrivée


Une belle journée s'annonce, on va se retrouver entre hommes et femmes partageant le même royaume de l'ultra : Les passionnés de 100 km.

belves-0123Beaucoup de personnes ne comprennent sûrement pas quel est ce masochisme élémentaire qui veut que l'on cherche ici a se faire du bien tout en se faisant du mal ?

Même au milieu de tout ces cent-bornards la réponse reste muette.

 

Un début d'année pour moi assez difficile qui m'a obligé de rogner un peu sur les premières semaines de préparations spécifiques pour cette distance donc, aujourd'hui, il ne s'agit pas pour moi de grimper en haut de l'échelle mais seulement de monter les premiers barreaux pour finir correctement sans trop piocher, un petite estimation suivant ma forme du moment me fais dire que je peux partir sur une vitesse autour des 10 / 10,5km/h pour une arrivée aux environs des 10h.

Mais bon, l'échelle est un peu faible et les barreaux risques de rompre...

 

Sur la ligne de départ, je suis content de retrouver toutes ces retrouvailles, on jacasse, on plaisante

Des bons moments qui sont vite arrêté par le bang de pistolet de départ.

Je pars tranquille, en essayant de m'endormir un peu sur le bitume, mais en gardant une allure souple et légère, après le petit tour de ville, nous voilà dans la fameuse descente ou il faut mettre un peu le frein à main pour ne pas laisser s'emballer la machine.

 

Le premier 50 km défile très vite, on ne voit pas le temps passé, surtout quand on est en agréable compagnie de coureur pour taper la causette, des personnes que l'on croise et recroise, sacré méthode «  Cyrano » va falloir un jour que j'essaie pour voir.

En attendant pour Momo çà a l'air de lui réussir.

Je suis sur les bases de 10,6 km/h avant les petites côtes de la fin de la première partie et 10,3 km/h arrivé sur les 50km.

Je me sent toujours « clean », allez maintenant on bascule sur la 2ème partie du parcours.

 

Km 55/60 ma moyenne commence a baisser, je reste encore maître de mon cheval, je m'alimente régulièrement. Je monte les côtes en marchant pour ne pas trop puiser dans les réserves.

 

Km 65, mes jambes commencent a s'alourdir, un gel au ravito qui a dû mal a passé, je grimasse mais bon il est parti pour alimenter le moteur, les prochains çà sera dur.

 

Km 70/75, ma vitesse moyenne a drôlement chuté, je remarque qu'il y a des portions du parcours, je vais plus vite en marche rapide qu'en courant, alors pourquoi vouloir s'entêter à courir !

 

Km 80, voilà, ce qui devait arriver arriva, un gros coup de bambou, je n'arrive plus a manger, rien ne passe, toutes ces sucreries sur les tables me donne envie de vomir, je préfère faire tourner mon moteur a vide, le réservoir est sec mais le moteur ronronne encore un peu, j'alterne entre marche et course.

On a éteint la salle de spectacle, je suis dans le noir, j'avance à tâtons pour ne pas me cogner, alors forcément on avance moins vite.

 

Km 85, Chantal qui a regardé mes fesses au marathon de Montauban me dépasse, elle a l'air très facile, j'essaie de m'accrocher au wagon mais bon je me résigne a la laisser partir, son allure de finish n'est pas la mienne.

 

Les sensations sont géniale, on est mal mais à la fois on se sent bien dans sa peau, on s'intériorise, on est dans son petit monde intérieur et on a pas envie d'en sortir !

 

Km 90/95, verre d'eau, coca et Isostar sont les seuls éléments que j'arrive a prendre, ce n'est pas si mal ! Je m'efforce a essayer de courir, petits pas, juste un petit pied devant l'autre, çà a l'air de passer comme cela, des foulés courtes, ne pas chercher loin, çà change un peu de ma foulée habituelle, je me trouve un nouveau style qui à l'air de me convenir pour faire ces derniers km et puis ce léger faux-plat descendant m'aide un peu.

 

La salle de spectacle a rallumé ses lumières, j'ai l'impression d'être le seul acteur sur la scène, il n'y a plus personne devant cette longue ligne droite, qui dépasser ? Il n'y a pas grand monde, mais je vois tout de même un petit point au loin, un coureur et ses accompagnateurs, j'essaie de me concentrer dessus.

Une petite musique comme un tam tam régulier, je suis surpris de m'apercevoir que finalement c'est le tam tam de ma foulée, je me dis «  Mais Alain tu cours ! »

Waouh, où s'est que l'on peut trouver ses ressources quand le réservoir est épuisé ?

Le corps a encore beaucoup de mystère que l'on ne connait pas.

 

Km 98, déjà la dernière montée pointe son nez, la côte de la délivrance, la cerise sur le gâteau, même si elle est longue et raide, çà ne fait plus peur, on est heureux, on court, du moins on essaie, marche rapide, on essaie tout les style pour se motiver, on arrive déjà...

Je ne sais pas si c'est le bon mot, « déjà » car on viens de quitter un parcours magique que l'on a hâte de refaire. Je franchis la ligne avec le sourire bien sûr, d'être content d'arriver.

 

Vive le 100 km !

 

Je remercie toutes les personnes qui ont su me supporter durant cette course, en attendant j'étais heureux de les cotoyer et en particulier pour Stéphane que j'ai fais souffrir 1 h de plus de son C... sur son vélo.

 

Merci à tous

 

Distance : 100 km
Altitudes : Maxi 193 m  Mini 48 m
Dénivelées : ~ +1700m
Durée : 10:59:10
Classement : 84 / 347


Télécharger la trace au format : GPX (Gps), KML (Google Earth)

 

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